La fille seule dans le vestiaire des garçons

Publié le par Julie Fleury

Hubert Ben Kemoun, La fille seule dans le vestiaire des garçons.
Hubert Ben Kemoun, La fille seule dans le vestiaire des garçons.

"Tout commence par un baiser, comme une chance, une promesse pour Marion. Une aubaine pour une jeune fille toujours si maladroite avec les garçons. Mais ce baiser va faire de sa vie un enfer. Peu à peu, la honte laisse toute la place à la rage, et Marion prépare sa vengeance. Sans réfléchir aux conséquences de ses actes..."

Intense solitude

Mais tout ne commence pas par ce baiser. Avant, il y a la solitude, le mépris, la différence. Avant, il y a une fille qui se sent abandonnée, mal-aimée, qui ne peut pas parler à sa mère, qui ne veut pas parler à son petit frère, parce que ce n'est pas de son âge ni à lu de porter son fardeau.

Marion n'a pas d'ami. Elle ne parle pas chez elle. Elle n'a pour seul loisir de composer des chansons dans son petit carnet en moleskine et de gratouiller les cordes de sa guitare. Sans conviction, parce que le cœur n'y est plus.

Elle repousse les avances d'un garçon insistant. Parce qu'elle n'a aucune chance alors elle décide de s'en moquer. De toute façon, il craint.

Cependant, au cous d'une bagarre, elle perd le précieux carnet. Elle est certaine que c'est lui qui l'a. Il ne dément pas. Ils fixent un rendez-vous au parc pour l'échange fatidique. Loin du collège, il change. Passant du lourd macho au tendre timide qui s'intègre tant bien que mal. Ils se rapprochent... et elle le laisse l'embrasser.

Trahison et vengeance

Oui mais. C'était un défi, c'était filmé, son humiliation se retrouve sur la toile. Tout le collège en parle.

Marion passe alors d'une fille seule au portrait de la fille facile. Sa réputation ne fait qu'empirer, son image d'elle aussi. Alors elle médite une vengeance à la hauteur de l'affront.

Mais sa vengeance sur cette bande de garçons détestables prend un tour inattendu : humiliés à leur tour, ils sombrent dans la rage et la haine. Désormais, finies les querelles de collégiens, place à la vraie douleur. Et à la traque.

Justesse et émotion

Sans vous dévoiler la fin, je peux vous rassurer : tous les garçons ne sont pas si horribles que ces quatre là. Certains sont prêts à aider et sont tout aussi sensibles que notre héroïne. Ce sont ces autres garçons qui vont, finalement, sauver Marion de sa solitude et de sa situation pour le moins délicate.

A la lecture de ce roman, je me suis dit "voilà ce que j'aurais aimé lire au collège quand j'en avais tant besoin". Inutile de vous dire que ce livre m'a tiré quelques larmes bien salées.

Les mots sont justes, l'émotion est là. Marion est confrontée à des réactions excessives, mais elle aussi n'est pas irréprochable. Et elle le sait : elle s'est abaissée au niveau des hommes vils. Sa culpabilité d'avoir succombé à la vengeance n'est compensée que par la rage qu'ont ces garçons à la traquer et, il faut bien le dire, à la détruire.

Le rapport à la mère, au petit frère mais aussi, d'une manière générale, aux autres et pertinent. Hubert Ben Kemoun traite avec pertinence de l'adolescence et des problèmes parfois très durs auxquels peuvent être confrontés les ados.

Ben Kemoun, Hubert. La fille seule dans le vestiaire des garçons. Paris : Flammarion, 2013. 13€

Publié dans roman dès 14 ans

Commenter cet article

Chachou 05/11/2014 14:45

Je l'avais déjà vu ce bouquin mais jamais lu...très envie de me lancer :) merci.
Et est-ce que par twitter tu ne peux pas annoncer tes publications??? je ne sais pas si je suis claire mais à première vue certains peuvent faire ça: dès que tu publie, hop, un tweet apparaît avec le lien vers ton billet :)