Un caïd au collège

Publié le par Julie Fleury

Un caïd au collège, Gép et Edith Chambon.
Un caïd au collège, Gép et Edith Chambon.

Entre BD et roman

Un bon compromis entre de la BD et un roman. Les illustrations, insérées au cœur du texte, font partie intégrante de l’histoire.

L’histoire, justement : c’est jour de neige et la vieille prof de français a l’air plus sympa que d’habitude. Elle est un peu nostalgique de son enfance et de ses jeux dans la neige. Lors de la récréation, une bataille de boules de neige, bon enfant, se déclenche. Au cours de la bataille, une fille (Margot) est blessée à la tête, un petit caillou s’était glissé dans la neige. Les filles de la classe crient au scandale, elles veulent porter plainte mais surtout, elles veulent punir le coupable, tout désigné, Antonio, le caïd de la classe. C’est forcément lui. Oui mais voilà, Sonia (notre héroïne ou à peu près), le rencontre dans la rue en allant retrouver son amoureux. Il jure que ce n’est pas lui. Et puis on le voit dans sa famille, vraiment pas une vie modèle (sans pour autant être misérabiliste). Finalement, quand Margot retourne à l’école, la prof de français demande à parler à Antonio (l’accusé) et à Margot (la victime) : la boule de neige, c’était elle.

Une histoire un peu rugueuse, un peu tendre qui donne à réfléchir sur les intentions que l’on prête aux gens et sur l’acharnement que peuvent subir les personnes à qui l’on a collé des étiquettes. Un bon contrepoint à La fille seule dans le vestiaire des garçons : ces derniers ne sont pas tous méchants. Certains sont doux, gentils, voire simplement incompris.

Entre les deux pestes qui veulent faire ‘’justice’’, le caïd de la classe, finalement pas si méchant, notre Sonia, qui voudrait que les gens soient heureux, le grand Jules, un peu mou et pas très dégourdi et la petite Margot, pressée que l’on ne parle plus du tout de cette histoire, ce petit bouquin (35p maxi) brosse un tableau finalement assez réaliste d’un collège tout ce qu’il y a de plus banal.

Une morale fluide : sans insister lourdement, avec cette bride de vie, on nous apprend surtout à ne pas juger les gens sur leur apparence, ni sur les préjugés qu’ils renvoient. Même le chien, pourtant un Pittbull nommé « Vazy », n’est pas si méchant.
Ce livre prend nos attentes à contrepied, et ce n’est pas si mal. Jusqu’à l’aveu de l’enseignante, je ne pensais pas que c’était elle...

Sans être un petit bijou de littérature, c’est un livre qu’il fait bon mettre entre toutes les mains.

Inscrit dans une réalité quotidienne : le collège, le cours de français rébarbatif, le devoir sur les subjonctifs... la morale : les subjonctifs, ça craint ! Le reste ? Bah, ce n’est pas grave.

Pour ados de 9/12 ans.

Gép et Chambon, Édith. Un caïd au collège. Paris : Éditions Mouck, 2014. 9€50

Un caïd au collège
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Publié dans roman dès 10 ans

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