Premier matin

Publié le par Julie Fleury

Fleur Oury, Premier matin
Fleur Oury, Premier matin

"Aujourd’hui, c’est le jour de la rentrée des classes, et Petit Ours refuse de se lever…

Petit Ours a peur. Et s’il oubliait son cartable ? Et si la maitresse le grondait ? Et s’il perdait tous ses copains ? Sur le chemin de l’école, à travers la luxuriante forêt peuplée d’animaux, Grand(e) Ours(e) rassure son petit. L’école, ce sera aussi l’endroit où apprendre à peindre, à jouer, à lire, et à grandir..."

Grande tendresse

Cet album traite une thématique très en vogue en littérature jeunesse : la rentrée des classes. On peut se demander parfois si les livres sont écris pour les enfants ou pour les parents. Ici, point de doute, Fleur Oury prend le parti d'aborder cette thématique avec tendresse et amour. Loin des propos moralisateurs, type "l'école c'est bien, un point c'est tout", on voit simplement Grand(e) Ours(e) essayer de rassurer son Petit Ours.

Et sur le chemin de l'école, petit-à-petit, en cueillant des baies pour le goûter, en traversant la rivière (un obstacle symbolique et physique), on voit d'autres parents et leur enfant se diriger vers l'école, tout aussi peu rassurés que Petit Ours. Car là est l'argument qui finira par convaincre Petit Ours : l'école, c'est aussi l'endroit où on peut se faire de nouveaux amis (ou retrouver les copains).

Illustrations originales

L'utilisation du personnage de l'ours, la ballade sur le chemin de l'école pour cueillir des baies, récolter du miel... toutes ces tribulations m'ont fait penser à l'album Calinours va à l'école, paru à l’École des Loisirs en 1994 et que j'ai lu quand j'étais (toute) petite pour ma rentrée des classes. A vrai dire, j'avais toujours eu un problème avec le fait que Calinours allait en fait à l'école buissonnière dans cet album. C'est un euphémisme de dire qu'il arrive en retard : il arrive quand la classe est finie !

Ici, si je retrouve la trame de la ballade, celle-ci se déroule avant la classe et en présence d'un adulte aimant, qui rassure et câline. Fleur Oury met en scène dans Premier Matin une grande tendresse qui concourt à donner envie d'aller à l'école (il me semble). Tandis que Calinours peut faire seul ce que les autres font en classe, Petit Ours a besoin d'aller à l'école et finit même par en avoir envie.

Les dessins aux feutres, pratique originale et pourtant d'une simplicité désarmante, concourent également à transmettre toute la tendresse de l'univers décrit. Et ils renforcent, à mon sens, l'impression de se trouver dans un cadre connu, donc rassurant. Outre le fait qu'ils donnent presque une "matière" aux illustrations par la matérialisation des coups de feutre, tout aussi visibles que des coups de pinceau.

En résumé : des illustrations aux feutres très originales au service d'un monde tendre pour traiter de la rentrée des classes avec tendresse et amour.

Oury, Fleur. Premier matin. Montreuil : Les Fourmis rouges, 2015. 14€

Premier matin
Premier matin
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Publié dans album jeunesse

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